Qu’est-ce que la fin de support signifie exactement ?

Contrairement à ce qu’on imagine parfois, un ordinateur sous Windows 10 ne s’arrête pas de fonctionner le jour de la fin de support. Il continue de démarrer, d’ouvrir vos logiciels, d’imprimer vos factures. Ce qui s’arrête, c’est la publication régulière de correctifs de sécurité par Microsoft. Chaque faille découverte après cette date ne sera plus corrigée sur Windows 10, sauf à payer pour une extension.

C’est une nuance importante à faire comprendre en interne : le poste ne « casse » pas, il devient simplement une porte dont on a arrêté de changer la serrure, alors que de nouvelles clés continuent de circuler.

À noter une exception technique pour les éditions spécialisées : Windows 10 Enterprise LTSC 2019 continue d’être supporté jusqu’en janvier 2029. Mais si votre parc tourne sous une édition grand public ou Pro classique, ce qui est le cas de la très grande majorité des PME, cette exception ne vous concerne pas.

Pourquoi tant d’entreprises sont-elles encore sur Windows 10 ?

Le passage à Windows 11 impose des exigences matérielles plus strictes qu’une simple mise à jour logicielle, notamment une puce de sécurité TPM 2.0 et un processeur compatible, souvent absents sur des machines de plus de quatre ou cinq ans. Migrer signifie donc, dans beaucoup de cas, changer le poste lui-même et pas seulement son système d’exploitation.

Selon les chiffres de StatCounter régulièrement cités dans la presse spécialisée, Windows 10 représentait encore plus d’un quart du parc informatique français au moment de sa fin de support officielle, et une part comparable, voire supérieure, dans le monde professionnel.

Le programme ESU : une bouée, pas une solution durable

Microsoft propose un programme d’extension de support payant, baptisé ESU (Extended Security Updates), qui permet de continuer à recevoir uniquement les correctifs de sécurité pendant une durée limitée. Pour les entreprises, ce programme fonctionne par abonnement annuel, renouvelable sur trois ans maximum, avec un prix qui double chaque année. On ne peut pas « sauter » une année : une entreprise qui s’inscrit tardivement doit payer les années précédentes pour rester couverte. Contrairement au programme grand public, prolongé gratuitement jusqu’en octobre 2027 pour les particuliers, l’ESU reste intégralement payant pour les entreprises, et exclut explicitement les machines jointes à un domaine Active Directory ou gérées par un outil de gestion de parc.

Quels sont les vrais risques si on ne fait rien ?

Sans correctif, une faille de sécurité découverte sur Windows 10 reste ouverte indéfiniment sur les postes non protégés. Les éditeurs spécialisés en cybersécurité comparent la situation actuelle à celle de la fin de support de Windows 7 en 2020, avec une proportion de postes encore vulnérables bien plus élevée cette fois-ci. Au-delà du risque technique, certains logiciels métier commencent à ne plus garantir leur support sur un OS obsolète, les polices d’assurance cyber peuvent conditionner l’indemnisation au maintien d’un système à jour, et un contrôle de sécurité chez un client peut révéler la situation à un moment peu opportun.

Quelles options concrètes pour une PME ?

Commencez par un inventaire réel du parc : quels postes sont réellement incompatibles avec Windows 11, et lesquels pourraient simplement recevoir une mise à jour gratuite ? Beaucoup de machines achetées ces quatre ou cinq dernières années sont en fait déjà compatibles. Pour les postes réellement obsolètes, un remplacement progressif, étalé sur plusieurs mois selon les priorités, est généralement plus soutenable budgétairement qu’un grand plan en une fois — c’est aussi l’occasion de regarder la différence entre acheter ce nouveau matériel ou le louer. Réservez l’ESU payant aux cas vraiment exceptionnels, avec une date de fin clairement fixée.

En résumé

Un an après la fin de support officielle, Windows 10 fonctionne toujours, mais chaque mois qui passe sans plan de migration élargit la fenêtre d’exposition de votre entreprise, sans bénéfice en retour. Un inventaire de parc suffit généralement à savoir rapidement où vous vous situez réellement, et la migration est souvent moins lourde qu’on ne le craint à condition de la planifier plutôt que de la découvrir en urgence le jour d’un incident. Si vous souhaitez faire le point sur l’état réel de votre parc informatique, nos équipes peuvent réaliser ce diagnostic avec vous.

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